UDC = Union de clochards…
Ben voyons…
Moi qui passe mon temps, pour le peu de temps que j'y passe, à vanter les mérites de ma belle Suisse natale on my blog, là je suis déçu.
Déçu de vivre dans un pays ou les habitants, 58% des habitants pour être exact, pensent que tout leur est acquis et que les étrangers n'ont pas à vivre normalement leurs confessions.
Nan mais c'est quoi ce délire avec les minarets? Ils ont pensé quoi mes petits Hélvètes? Qu'un fanatique barbu allait pouvoir se jetter sur la foule depuis le haut d'un minaret? Non parce que bien que très peu probable ça aurait été la plus grosse menace…
A chaque fois dans l'histoire du monde que l'étât et “l'église” se sont mis ensembles des milliers de personnes ont péri par la suite. Et nous, pays des droits de l'homme par excellence, on a réussi à prendre ce chemin. Y a pas de droits de l'homme ici, il n'y a que le droit du Suisse… Bons chrétiens mon oeil, il y a un “i” en trop.
On parle toujours de nous en tant que “petits Suisses”, ben à l'avenir et pour quelques temps appelez nous seulement “petits”, parce que ce que l'ont vient de faire est justement très petit.
Je commence à tirer un bon parti de mon métissage, quand mes petits commencent à foutre la tête dans le sable et tendre le cul à l'air, comme maintenant, je me sens tout d'un coup vachement plus Africain.
Je me suis battu comme un chien pendant la campagne, pris la tête avec certains, presque venu aux mains avec d'autres, et j'ai toujours entendu la même réplique:
Et en Iran par exemple, peut-on construire des églises, alors pourquoi les laisser construire des minarets?
- MAIS ON EST PAS EN IRAN!!! ALORS IL SERAIT JUSTEMENT TEMPS DE MONTRER QUE NOUS VALONS MIEUX QUE CA!!!
58% qui votent cette initiative de l'UDC (équivalant du FN en Suisse), l'union démocratique du centre, le parti majoritaire (ce qui est déjà honteux), droite dure quoi. Mais honte sur nous! Union de clochards ouais…
D'un point de vue tout à fait personnel les clochers des églises me dérangent bien plus que les minarets. Ils sonnent à chaque heure du jour et de la nuit, c'est pire, surtout pour moi qui n'ai rien de laïque. J'aurais préféré une initiative anti clochers…
Bon, faut que j'aille bosser. Pis si il y en a qui sont pas contents avec ce que je dis ils n'ont qu'à se demander quel aurait été leur réaction si EUX étaient musulmans et qu'ils auraient débarqué dans un pays aussi intégriste à sa façon que le nôtre! Moi je suis chrétien, mais tolérent.
Je crois que je vais grimper au clocher d'une église et me lancer sur un passant, un des 58% si possible…
On se calme
Je t'écris ici parce qu'ici c'est chez moi et je n'ai pas l'impression de “t'envahir”, si je puis dire…
Bon un peu de recul et tout va mieux…
J'aurais préféré que tout ça se finisse dans le calme mais à partir d'un certain point moi j'explose et je ne gère plus rien, c'est ce qui c'est passé.
La solution était effectivement de rompre, je crois que je n'aurais pas réussi à me calmer par moi-même, et j'étais effectivement devenu trop envahissant. Je peux donc comprendre que tu ai placé tes priorités dans ton voyage et non envers moi. Optimalement nous aurions dû nous quitter avant ton départ et voir après ton retour si on continuerait depuis là ou on s'était arrêtés ou pas. En plus j'ai beaucoup hésité à te quitter juste avant mais par tes paroles, et sans le savoir, tu as su me convaincre du contraire. Bref, on refait pas l'histoire…
Je prends sur moi et j'accepte maintenant mieux cette rupture. Tu as fais ce que tu pensais être bon pour toi, même si ça ne l'était pas pour moi, mais tu as eu raison au fond. De mon côté j'assume mes erreurs. Décider de continuer avec toi pendant le voyage en était une, te demander plus de présence une autre, venir à Bucarest te trouver une troisième… Mais en y regardant de plus près, tout est lié.
J'ai passé d'innoubliables moments en ta compagnie, des rires à ne plus pouvoir les compter, de l'amour (un temps) réciproque, de la tendresse à ne plus savoir qu'en faire, tout ça était génial! C'est tout ce positif qui m'a compliqué les choses en rompant, je pouvais pas tout de suite comprendre, alors j'ai voulu me battre, pour toi ou contre toi, mais me battre. Mon étoile filante n'était hélàs que filante.
Quand tu seras rentrée je ne veux pas avoir d'explications de ta part, je veux pas savoir ce qui c'est passé, ce qui est fait est fait, seul le futur m'intéresse. Je n'ai plus rien à te dire, je n'ai plus rien à te rendre, nous n'avons donc plus aucune raisons de nous contacter. Alors à moins que ce ne soit pour tenter de construire un nouveau “nous” (encore faudra-t'il que je le veuille aussi, pour le mement j'en sais rien, c'est probablement mieux ainsi), je t'en supplie, ne me rappelle pas. Ne réponds pas non plus à ce texte (j'ai po interdit les coms pour rien, le dernier m'a fait trop mal). Tu me dois bien au moins cette faveure, je ne veux pas en souffrir d'avantage… Quitte à ce que ce soit vraiment terminé je préfère garder le souvenir d'une fille aimante, la fille que j'aimais, me disant au revoir tendrement dans un couloir de l'aéroport de Bucarest (j'ai d'ailleurs lu les articles sur votre blog, ca m'a attristé de m'en souvenir mais ça m'a fait plaisir aussi).
T'es une fille bien, que ce soit moi ou un autre qui en profite peu importe (heuuu…..), tu resteras une fille bien à mes yeux…
Voilà tout est dit. Je te dis un “au revoir” ou un “adieux” ce sera à toi de choisir tout bientôt. Et merci…
Le petit poète, le phoenix et l’artiste
Mais quel est cette douce chaleur sur son front ?
Le petit poète, lui qui vient seulement de mourir, peut encore sentir la sensation d’un tendre baiser déposé sur son corps à peine chaud. A demi inconscient, apeuré, il se demande s’il doit aller puiser en lui la force d’ouvrir les yeux pour comprendre d’où lui vient cette source de réconfort.
Il croyait pourtant avoir le souvenir de s’être, il n’y a pas longtemps encore, éteint seul au fond de son grand lit, rongé et mutilé par le départ, ou plutôt l’abandon, de la petite poétesse que jadis il aimait tant.
Serait-elle revenue ? Non, ce baiser n’est pas le sien, mais le petit poète se sent pourtant étrangement bien et serein. Qu’à cela ne tienne, il trouve l’énergie nécessaire, et entrouvre ses paupières.
Au travers d’une vision troublée, comme une fine brume planant entre prairies et collines tôt le matin de bon hiver, il entrevit non pas une petite poétesse mais une petite artiste, feuille de papier et crayon à la main. Ce qui n’était pas sans lui rappeler certains souvenirs…
Sa vue s’améliorant, il lut peu à peu dans le regard de la petite artiste qu’elle aussi avait souffert des mêmes maux que lui il n’y a pas si longtemps. Le petit poète, sans trop se poser de questions, la prit alors dans ses bras espérant qu’il puisse lui amener un peu de réconfort, ne sachant pas encore que c’était en fait lui-même qu’il cherchait à réconforter. Quand il sentit la tête de la petite artiste se poser sur son épaule, il comprit qu’en effet c’était le cas.
Dans son désespoir qui durait depuis plus de deux lunes déjà, le petit poète avait oublié. Il avait oublié qu’en marchant dans sa petite forêt ne regardant plus que le sol, abattu par une solitude qu’il avait du mal à accepter, d’autres petites poétesses et artistes lui passeraient à côté sans qu’il ne les aperçoive.
Revigoré par cette belle rencontre, le petit poète, tel le phœnix renaissant de ses cendres, décida de garder son cœur encore fermé pour le moment. Son cœur mais plus sa tête. Car reprenant goût aux balades dans sa petite forêt en compagnie de la petite artiste, sa perception de la vie redevenait belle. Il comprit alors qu’il s’était trompé. Que la poétesse disparue n’était de loin pas inoubliable. Pour preuve, la petite artiste prit déjà dans son esprit bien plus de place que la poétesse. Et quel soulagement.
Le petit poète, lui qui se languissait tant de la poétesse partie voyager, lui qui comptait inlassablement les jours avant son retour, lui qui crut mourir lorsqu’elle le quitta, espère maintenant ne plus la revoir. Il se surprend même à souhaiter qu’elle ne rentre plus jamais de son voyage. Le cas échéant il l’enverrait balader seule dans une autre petite forêt bien éloignée de la sienne, là ou est sa place.
Ne voulant sombrer dans la substitution et partageant les mêmes idées et points de vue, le petit poète et la petite artiste ont su trouver un bon terrain d’entente. Mais ça, c’est un secret ! Les balades leur diront si… Pour le moment, le petit poète savoure et se réjouit d’avoir repris sa feuille et sa plume. Mais surtout, surtout, de ne plus avoir aussi froid la nuit.
Les bonnes décisions c’est au cœur de sa petite forêt qu’on les prend, pas éloigné de toute réalité. Alors au revoir la poétesse devenue bien égoïste à ses dernières heures, elle qui n’aura finalement jamais su sortir les griffes au bon moment. Je ne veux plus te lire ici car c’est ma forêt et t’as plus rien à y faire.
Toi l’artiste, dans l’amour puisse-tu te noyer… Toi la poétesse, dans les regrets puisse-tu t’étouffer…
Le petit poète
Il était une fois un petit bonhomme, c’était un petit poète. Ce petit poète vivait dans une belle petite forêt avec sa belle petite poétesse.
Ils passaient leurs journées à parcourir la forêt, feuille de papier et plume de bois à la main, chacun de son côté à écrire avec pour muse le souffle d’une fine brise leur susurrant à l’oreille qu’ainsi cette vie était belle.
Le soir venu le petit poète et sa petite poétesse se retrouvaient dans leur petite maison au pied d’un arbre. Côte à côte ils se lisaient et se racontaient la vie, telle qu’écrite au gréé des balades de la journée écoulée. Puis, enlacés pour mieux survivre au froid des nuits, ils s’endormaient heureux.
Le petit poète savait bien que sa petite poétesse allait un jour partir en voyage, sans lui, pour visiter le monde. Alors il fit en sorte de se préparer au mieux à ce jour qui bientôt arriverait. En attendant, il continua à vivre sa vie avec sa dulcinée, sa feuille et sa plume.
Trop tôt le départ arriva. Mais avant de s’en aller la petite poétesse fit promettre à son petit poète qu’il attendrait son retour, car un jour, après quelques saisons, elle lui reviendrait. Alors le petit poète se dit qu’il allait continuer à vivre heureux malgré la distance car la vie resterait belle. Ce qu’il s’efforça à faire de son mieux.
Mais très vite le froid des nuits commença à se saisir de lui. Grelotant, il s’accrochait à l’image de sa petite poétesse et à l’idée que chaque jour écoulé le rapprochait un peu plus d’elle. Mais, recevant de moins en moins ponctuellement des nouvelles de sa belle, le petit poète sombra à la longue dans l’adversité des questions que les interminables heures de solitude lui soufflaient.
La petite poétesse ne lui revint plus jamais. La tristesse et une réelle solitude s’empara alors de lui.
Un matin, le petit poète, lassé, lança sa feuille et sa plume au fond d’un trou. Il avait perdu tout goût à la vie et à son écriture. Toute la journée qui suivit, il erra seul, larmes aux yeux, en essayant de retrouver au sein de sa petite forêt la force de se battre, en vain.
Ce soir là, le froid se fit encore plus perçant qu’à l’accoutumée. Il n’avait plus l’image réchauffante de la petite poétesse lui revenant un beau jour pour le réchauffer. Triste, seul, dans un dernier grelot, le petit poète tapit en boule au fond de son lit devenu maintenant trop grand pour lui, pleura toutes les larmes de son corps. Au milieu de cette nuit pourtant belle et étoilée, dans un cadre idyllique qui avait tout d’un air d’hymne à la vie, le petit poète mourut…
8000
La vie c’est un peu comme gravir un 8000 mètres.
Tout d’abord il y a la conception et l’incubation, si j’ose dire, de 9 mois. L’équivalant de la naissance du projet d’escalade et de la préparation.
Ensuite nous venons au monde, c’est le départ de l’ascension.
Pendant 10 à 12 ans on ne se pose pas trop de questions, on vit. C’est la partie en « pente douce » de notre escalade. Pas trop dur, pas trop facile, on avance.
Vient déjà l’adolescence, les questions, et parfois la peur de la suite. Nous passons les 2000 mètres, le sommet est encore loin, plus aussi sur d’y parvenir mais les jambes suivent encore, pour le moment.
Le passage à la vie adulte, parfois long et périeux, mais l’objectif est en vue. La barre des 4000 mètres, on s’essouffle, on va moins vite et on prend garde à ne pas tomber dans la première crevasse, mais le sommet est là, au loin.
La plus longue période de notre vie à cours, celle qui nous mènera vers l’accomplissement, la sagesse, la fierté. 5000, 6000, 7000 mètres, il faut continuer à grimper et se délester de ce qui nous est inutile et trop lourd à porter. Tout en faisant judicieusement ses choix. Il serait con de se débarrasser de quelque chose qui pourrait nous sauver la vie plus tard. Le chemin est long, escarpé et difficile.
Nous atteignons enfin un « âge honorable ». On sait que bientôt l’épopée touchera à sa fin. On regarde un peu en arrière et on voit, on se souvient, de ceux qui ne sont pas allés aussi loin. C’est les 7500 mètres, le sommet à portée de mains. L’objectif est pratiquement atteint. Mais certains alpinistes, parfois des compagnons, ont perdu la vie en chemin. Alors on remercie le ciel d’être toujours là.
Nous mourrons enfin. Un sentiment de satisfaction précède cette fin. On contemple. Les 8000 mètres, nous sommes arrivés. A bout de force, à bout de souffle. Peu importe ce qui se passera ensuite, si nous mourrons, ça sera avec le sentiment du devoir accompli, le sourire aux lèvres.
Oui, la vie est un peu comme une montagne…
Parfois on se perd et d’autres usagers viennent nous chercher pour nous remettre sur le droit chemin. C’est l’amitié.
Parfois on se blesse et des sauveteurs viennent nous soigner. C’est l’amour.
Parfois on se perd, ou se blesse, mais personne ne vient nous chercher, puis on finit par mourir. C’est la solitude.
Parfois nous pensons ne jamais arriver au sommet et on baisse les bras. C’est le manque de confiance en soi.
Parfois on meurt sans avoir la moindre chance de s’en sortir. C’est la fatalité.
Parfois on décide de prendre les difficultés les unes après les autres, peu importe le temps que ça prendra, afin d’arriver au sommet en toute sérénité. C’est la sagesse.
Et parfois pour arriver plus vite on prend l’hélico, rien à faire d’arriver au sommet sans efforts, on veut juste y arriver rapidement. C’est la connerie…
Moi j’en suis au 4000. L’objectif est connu, en ligne de mir, mais le plus dur est encore à faire. Il n’y a pas longtemps on m’a balancé dans une crevasse mais elle n’a pas eu raison de moi. Ce n’était ni la première, ni la dernière. Bientôt j’en serai ressorti et je reprendrai l’ascension. Mon hélico je ne m’en sers pas, il a été saboté il y a longtemps déjà et c’est très bien ainsi. J’ai un excellent sauveteur que j’aime et des compagnons de cordée très fiables. Mais par contre… j’ai un de ces vertiges!
Help
La tête basse, le front qui perle, les mains moites, les jambes tremblantes, mais que m’arrive t’il ?
Voilà que je vacille. Les objectifs ne sont plus aussi précis. La force me quitte. Le sol semble se dérober sous mes pieds, eux qui refusent déjà d’avancer. Mon cerveau dysfonctionne. Je pleure, je ris, je crie, je tape contre les murs, je me bats, je lâche prise, et tout ça en quelques instants.
Et ce mal de tête incessant, permanent, intense…
Je ne m’alimente plus, ça me rend malade. Je ne dors presque plus. Je perds le contrôle. Je dis des choses que je ne pense pas. Je véhicule des comportements contre lesquels normalement je me bats. Et ces questions, ces incertitudes… Oh toi mon Dieu, celui en qui je ne crois pas, pourquoi tu me laisse tomber maintenant ?
Une dépression, ça me pends au nez. Je suis à bout de force. J’en ai marre. Pourquoi tant d’efforts non récompensés?
Suis-je dépressif à tendance suicidaire ? Non !
Mais alors c’est quoi que j’ai dans la tête, pourquoi es-ce que je me laisse aller… Je me sens seul, je ne le suis pas, mais je me sens seul quand même. C’est comme si mes proches ne comprenaient pas ce que je vis. Même elle, elle ne comprend pas, ou en tout cas, ne le mesure pas. Et pourtant c’est par elle que je tiens encore un peu. Alors pourquoi es-ce que je me sens égoïste de lui demander un peu de son temps ? Et pourquoi ça m’arrive cette année ? L’année ou elle n’est pas là..
Je ne veux pas que tout ça se sache, et pourtant je le dis quand même ici. Ca dysfonctionne vraiment. Je ne veux plus de ces désillusions, les années se suivent et se ressemblent trop. J’ai besoin d’aide, oui, besoin d’aide. Parce qu’à ce rythme ça ne va pas le faire encore bien longtemps…
Alors je le dis à travers les larmes qui coulent encore une fois le long de mon désormais triste visage, je vous en supplie, aidez-moi…









